L’acte Symbolique en psychothérapie.

«Le symbole est un moyen par lequel notre inconscient dirige notre conscient.» 

W.G Groddeck

Depuis la nuit des temps, les humains ont intuitivement compris le pouvoir de l’acte symbolique utilisé sous la forme de rituels, de traditions, de passages initiatiques. Il valide un concept mental, une idée, une promesse, un engagement qui sans lui resterait plus abstrait, moins palpable.

Nous l’utilisons au quotidien sans même parfois y prêter attention : on jette une pièce dans une fontaine pour donner «corps» à son souhait, les époux scellent leur union en glissant les alliances à leur doigt, on allume une bougie pour honorer la mémoire d’un défunt…

Un acte symbolique cest lunion de la pensée et le laction

En thérapie, il est fréquent de devoir utiliser un acte symbolique (appelé aussi par certains «acte psycho-magique») pour aller au-delà de la simple prise de conscience. Cette dernière suffit ordinairement à procurer un réel soulagement et on ressent alors d’emblée un mieux être mais parfois ce n’est pas le cas. Il est alors nécessaire d’acter, comme nous le verrons plus bas, pour que notre désir d’avancer, de pardonner ou de changer soit plus concret qu’une simple pensée. Cette technique se révèle par exemple utile pour un deuil difficile à élaborer dans le cadre d’une mort injustifiable, violente, ou précoce.

La matière est infinie de même que limagination…

L’acte le plus courant est la lettre symbolique que l’on écrit à quelqu’un, sans la lui remettre et dans laquelle on va s’autoriser à révéler tout ce que l’on a sur le cœur : nos émotions, les non-dits. Tout ce qui serait nécessaire d’être répété, tout ce qui n’arrangerait pas la situation, que l’on n’ose pas dire mais qui a besoin d’être évacué comme des reproches voire des insultes. Qu’importe en fait, c’est très personnel et cela n’a pas à « faire » sens. Ecrire permet d’utiliser d’autres circuits neuronaux que ceux de la pensée et ainsi d’aborder la situation sous un autre angle. Il est indispensable ensuite de prendre un temps pour lire la lettre, de la relire à voix haute avec intention comme si la personne était en face de nous (lecture + expression orale = 2 nouvelles aires cérébrales activées). Enfin, il convient de s’en libérer avec la détermination de s’en affranchir et d’en délivrer l’autre, de « liquider » les dettes émotionnelles en quelque sorte. Pour nous décharger de ce poids, pour lâcher prise sur ce passé souvent douloureux, nous devons la brûler tout en visualisant la transformation. Cet acte est aussi très utile dans le cas où la personne à qui nous écrivons est décédée. Elles peuvent aussi prendre la forme d’une lettre de désengagement de soi-même envers une loyauté familiale (loyauté à la pauvreté, à la maladie, à la violence par exemples…) ou si l’on est pris dans un schéma de reproduction quelconque, la forme d’une lettre de renoncement à la culpabilité ou à une addiction, une lettre de pardon envers soi-même ou des personnes que l’on ne souhaite plus voir ou qui ont disparu, ou que l’on n’a même pas connues comme des aïeuls que l’on sait néanmoins à « l’origine » de souffrances familiales transgénerationnelles… L’écriture de telles lettres permet de définir le nouvel intérieur de notre vie. Et cela n’est que le BA-BA de l’acte symbolique. 

Pour entrer en contact avec son enfant intérieur, nous pouvons lui donner la parole ainsi : « Petit(e) (mettre ici votre prénom), dis moi comment tu te sens. As-tu quelque chose à me raconter, une blessure non soignée ? » Et vous écrivez sans juger les réponses qui vous viennent avec votre main non dominante (si vous êtes gaucher, c’est votre main droite qui écrira et vice-versa). Laissez monter l’émotion … Accueillez le message, puis laissez le/la « grand(e) » répondre en écrivant avec votre main dominante. L’exercice est très enrichissant et permet de guérir en profondeur.

Une autre idée pour travailler et guérir l’enfant intérieur est de prendre le temps de dessiner ou de créer un collage qui représente l’enfant que les adultes attendaient ou pensaient que vous fussiez avec les étiquettes erronées que l’on avait collées sur vous (turbulent, idiot, doué, responsable, adapté…) avec même parfois des préférences de genre : on aurait préféré un petit garçon et vous voilà petite fille. Mettez-y des couleurs, des onomatopées. Vous pouvez aussi dessiner les adultes. Une fois le tableau fait, imaginez symboliquement que vous rendez aux « grands », l’image de ce qu’ils attendaient de vous. Puis libérez-vous de leurs attentes, de leurs contraintes, de leurs souffrances, de leurs addictions, de leurs pathologies… Enfin pour évacuer tout ce travail sur vous-même et vous en délivrer, vous pouvez brûler le dessin, l’enterrer ou le remettre sur la tombe de vos parents …

Sentez-vous libre d’exister, de vous aimer et d’être aimé pour ce que vous êtes réellement ! 

L’acte symbolique est d’une infinie richesse car chaque personne est amenée à créer son propre acte en fonction de son propre langage symbolique. Dans certains cas, cela peut demander la complicité d’autres personnes qui ne sauront pas nécessairement qu’elles participent à quelque chose d’important pour vous :

  • Parler de son homosexualité à un inconnu que l’on ne reverra pas (une vendeuse dans une boutique, un serveur dans un aéroport…) avant de le faire avec son entourage.
  • Participer à une constellation familiale (Thérapie qui consiste à mettre en scène votre famille, plus spécifiquement une situation à guérir, en utilisant des participants que l’on ne connaît pas.)
  • Rendre visite à une personne âgée dans le cadre d’une association afin de prendre soin de celle-ci lorsque l’on n’a pas pu le faire pour un être cher.
  • Briser les liens négatifs qui nous «rattachent» à quelqu’un, à quelque chose ou à l’un de nos comportements que nous désirons supprimer en les matérialisant sous la forme qui nous parle le plus puis en les réduisant à néant. Vous pouvez utiliser dans ce cas, des cordes, des fils métalliques, un pot en terre ou même une assiette sur laquelle vous pourrez écrire ce dont vous souhaitez vous libérer). 
  • La méthode des « bonhommes allumettes » est aussi très efficace. (c’est l’un des exercices guidés dans l’audio du mois) 
  • Se «décharger» de certaines choses en remplissant des paniers d’objets qui symboliquement vont représenter nos anciens fardeaux et les jeter au rebut…
  • La visualisation et l’hypnose permettent une palette infinie d’actes symboliques !
  • Jeter à la mer, par dessus son épaule un galet qui représente le passé ou le lien / souvenir contraignant dont on souhaite se débarrasser sans se retourner pour regarder où il coule.
  • Matérialiser un événement traumatique en peinture, ou sous la forme d’une sculpture puis le brûler…
  • Bloquer ou supprimer les contacts de certaines personnes, se débarrasser de leurs effets ou cadeaux, des photos.
  • Utiliser de manière ciblée des vêtements, des objets, des photos toujours dans l’intention de se libérer, de passer à autre chose, de changer, de pardonner avec le bien comme finalité mais jamais pour blesser, attaquer, détruire ou tuer quelqu’un même symboliquement ! 
  • Des poupons peuvent être utiles dans des rituels en lien avec le deuil d’un bébé ou dans le cadre d’un avortement thérapeutique avancé où l’on n’a pas pu se recueillir auprès de l’enfant pourtant longuement porté et investi émotionnellement et psychologiquement.Dans ce cas, il est souvent préférable d’être accompagné d’un thérapeute pour gérer l’émotion. 
  •  Nettoyer sa maison, son aura à l’aide de fumées épaisses issues de la sauge ou de certains encens, tout en respectant les plantes utilisées.
  • Remplir avec une nouvelle fréquence, plus élevée comme des bols chantants, vos propres chants et/ou intentions, des prières, des bougies pour symboliser la lumière. 
  •  La liste est interminable.

Et vous ? De quoi avez-vous besoin en ce moment ? Quel acte symbolique pourriez-vous utiliser pour vous aider à résoudre tel problème, telle situation ou tel conflit ? Pensez-y, laissez aller votre créativité et libérez-vous.

Comme l’imagination, la matière est infinie. Un acte de cet ordre-là peut parfois se préparer longuement avant de prendre corps et il peut dans certains cas nécessiter l’accompagnement d’un thérapeute. Quoi qu’il en soit, c’est toujours l’occasion d’activer d’autres aires cérébrales que celles utilisées en parlant et en pensant et donc d’accélérer le processus de guérison psychique. Lorsqu’il est bien élaboré, un acte symbolique procure beaucoup d’émotions et libère des sentiments enfouis. Il est en ce sens parfois difficile à mettre en place mais son but est libérateur : créer une réaction physique et émotionnelle qui libère définitivement de vieux sentiments douloureux devenus encombrants et limitants afin de prendre un nouveau départ, le cœur et l’esprit légers.

Je vous invite à faire de manière approfondie et guidée l’acte symbolique des « Bonhommes allumettes » dans le module audio suivant d’une durée de 32 minutes.

Santarelli Laetitia